Nous vivons un moment musical étrange, où les algorithmes décident des habitudes de consommation (et non l’inverse) et où les nouveaux langages de l’intelligence artificielle se faufilent dans les playlists comme s’il s’agissait d’artistes en chair et en os. Quel présent dystopique ! Mais dans cette dystopie, les phénomènes émergent dans les endroits les moins attendus et de la manière la plus naturelle et la plus simple. C’est la résistance, c’est le pouvoir de la musique en direct, qu’aucune machine ne peut reproduire.
Lecalendrier des concerts madrilènes en est la preuve : les Sanguijuelas del Guadiana ont réussi à faire connaître leur village d’Estrémadure, Casas de Don Pedro, et ont fait salle comble trois fois de suite en mai dernier à La Riviera. Épuisés, comme ils disent. Mais pleins, pleins de fierté dans leurs cœurs. Des artistes comme Eric Clapton et Fito y los Fitipaldis affichent également complet. Le reste des dates avec des billets encore disponibles, ici :
Splendeur géométrique (2 mai)

Y a-t-il des groupes industriels en Espagne ? Il n’y a qu’une seule bonne réponse : Esplendor Geométrico. Pionniers de la synth pop dans le pays, ils explorent depuis quatre décennies des territoires distordus, robotiques et uniques. Histoire du genre, histoire du pays, histoire de la musique. Il faut toujours aller les écouter.
Cecilio G (9 mai)

Cecilio G. mérite d’être étudié. Le nombre de ses chutes (et rechutes) qui se sont transformées en concerts massifs. On sait qu’en mai, son retour sera épique, puisque le 9 sera son premier concert après sa sortie de prison. Il aura lieu dans le cadre du cycle Sound Isidro.

Primavera Tours affirme que la voix de Joshua Idehen « s’est faufilée dans l’instrumentation, éveillant chez l’auditeur une double sensation curieuse : la récitation d’Idehen semblait à la fois curative et menaçante ». Le poète et musicien britannico-nigérian débarquera à Madrid pour ouvrir une fenêtre sur l’afrofuturisme en rhapsodie.
Fuet (16 mai)

L’année dernière, Fuet ! pourrait être qualifiée de météorique: ils ont envahi les scènes (très bon hardcore, très bons cris, très, très bonnes guitares distordues plus en mode shoegaze – et très bon vidéoclip et cheveux) et sont apparus sur toutes les listes d’albums préférés de ces mélomanes et créateurs de contenu qui contrôlent la scène madrilène comme personne d’autre. Ce n’est pas pour rien.

Ils sont de retour : La Pegatina a fait une pause d’un an, après avoir tourné et composé sans relâche pendant vingt ans. Ils reviennent avec deux dates à La Riviera et la promesse d’un nouvel album qui n’a pas encore vu le jour.
Pablo Alborán (21 et 22 mai)

On ne voit plus Pablo Alborán de la même façon. Du moins, pas depuis son apparition dans la série Respira (sorte de Grey’s Anatomy espagnol) et le rôle formidable joué par l’acteur originaire de Malaga. Il va sans dire que ses talents d’acteur ne sont éclipsés que par ses talents de musicien. L’une des voix de notre pays qui, en mai prochain, présentera son nouvel album KM0 dans deux stades à guichets fermés.
El Último de la Fila (23 mai)

Manolo García et Quimi Portet sont de retour. El último de la fila est né au début des années 80 pour révolutionner la scène avec un rock particulier, plein de quarts, de quejíos et de tours et détours flamenco. Aujourd’hui, ils se réunissent à nouveau près de 30 ans après leur dernier concert.

La salsa est formidable, c’est comme ça : La Oreja de Van Gogh a fait parler d’elle (presque littéralement, puisqu’elle a présenté son premier single lors du gala du Nouvel An de la RTVE) en 2025, en annonçant le retour de la formation originale. Enfin, presque : Amaia Montero revient dans le groupe et Pablo Benegas (guitariste et l’un des fondateurs du groupe) annonce son départ du groupe. En 2026, une tournée intense, un nouvel album et une voix qui est chez elle. Tout comme celle de Leire Martínez.

Né à Göteborg dans les années 90, le rock psychédélique de The Sountrack of Our Lives sonne mélancolique, révélateur, pas du tout froid comme la Suède où ils sont nés. Le groupe n’est pas venu en Espagne depuis quelques années et le fait aujourd’hui avec 5 dates sélectionnées dans la péninsule.
Maruja (29 mai)

Maruja est une véritable révélation. Un mélange de jazz et de post-punk… qui aime le breakbeat. Soudain un saxophone, soudain une descente qui promet une ascension interstellaire. C’est incroyable et inclassable. On avait hâte de les voir au festival Canela Party en août 2025 (un live qu’ils ont dû annuler) et on a encore plus hâte de les voir en mai prochain. Au fait, si vous vous posez la question, oui, nous avons la réponse : le nom Maruja a des racines espagnoles, puisqu’il a été inspiré par une enseigne de magasin que Harry Wilkinson (chant et guitare) a vue lors de vacances familiales en Espagne.
PiL, Public Image Limited (30 mai)

Le groupe post-punk britannique historique mené par John Lydon reviendra à Madrid dans le cadre de sa tournée européenne This Is Not The Last Tour et donnera un concert à BUT qui passera en revue près de cinq décennies de carrière (avec des chansons de leur dernier album, End of World, à partir de 2023).
Bad Bunny : 30 et 31 mai

La dernière fois que nous avons vérifié, il ne restait plus qu’un seul billet dans le gradin inférieur pour le 31 mai. À l’heure où vous lirez ces lignes, il aura peut-être déjà volé. Et non seulement il sera là pendant ces deux jours, mais l’aventure du DeBÍ TiRAR MáS FOToS World Tour se poursuivra jusqu’au 15 juin. Béni soit Benito. Quelle énergie ! Dans chaque spectacle : une petite maison, beaucoup de belles chansons et toute la saveur portoricaine (sans oublier les réflexions sociales).

Ce double concert est le prélude au festival de rock par excellence, l’ARF. DeWolff est la tête d’affiche de la soirée avec Israel Nash comme artiste invité.

Du Canada à Madrid, avec sa guitare et une valise pleine de folk. Ryan Harris surfe, chante comme les anges et compose comme cette vague d’artistes(Ocie Elliott, Hollow Coves, Amistat…) qui touchent les cœurs à chaque composition.