Aussi incroyable que ça puisse paraître, le monastère royal de San Lorenzo de El Escorial recèle encore quelques secrets après plus de quatre siècles d’histoire. C’est ce que montre l’ouverture récente d’un espace qui, jusqu’à présent, restait fermé aux visiteurs : la cour des Évangélistes.
C’est un jardin en forme de croix avec le Temple des Évangélistes en son centre, entouré de parterres de style Renaissance. Cet endroit a retrouvé toute sa splendeur grâce à un travail de recherche énorme et minutieux visant à lui redonner son aspect d’origine et à atteindre l’objectif pour lequel il avait été conçu : « une évocation du paradis terrestre », selon les mots du Patrimoine national, et qui a été dessiné en 1586 par Juan de Herrera.
Un jardin de la Renaissance du XVIe siècle adapté à la durabilité du XXIe siècle
La reconstruction de cet espace, qui a duré environ douze mois, a représenté un investissement de 1,7 million (provenant du Plan de relance, de transformation et de résilience financé par les fonds Next Generation). Le point de départ, c’était un travail de recherche préalable qui a conduit les équipes jusqu’au plan de 1865 de Salcedo de las Heras, aux Archives générales du Palais et à des études sur les canalisations hydrauliques.
Au cours de ce processus, le dallage en granit a été remis en place, l’ensemble des boiseries du cloître inférieur a été restauré, les quatre bassins ainsi que seize parterres ont été remis en état grâce à la réintroduction d’espèces végétales, à un nouveau système d’irrigation durable et à un brise-vent en verre.
Ce dernier objectif vise à protéger et à améliorer la conservation des fresques de Pellegrino Tibaldi (tout en permettant de visiter cet espace tous les jours de l’année). Les galeries qui entourent la Cour des Évangélistes sont richement décorées de fresques (54 au total, réalisées par Pellegrino Tibaldi et son atelier).