Les expositions à Madrid, une ville pleine d’art et d’innovation, constituent l’un des piliers centraux de son offre culturelle très riche. Des musées renommés aux galeries d’art indépendantes, en passant par d’autres espaces d’exposition moins conventionnels, les possibilités en matière d’expositions – dans ce cas-ci, pour le mois d’août – sont pratiquement infinies.
C’est pourquoi, chaque mois, on te propose une sélection des expos à ne pas manquer à Madrid. Photo, peinture, art contemporain, expériences sensorielles et immersives…Tu as l’embarras du choix et plein de choses à découvrir.

Le Thyssen consacre à Carmen Laffón, l’une des grandes maîtres de la lumière de notre pays, la première grande exposition monographique organisée depuis son décès en 2021. À travers plus de 70 œuvres, l’exposition explore les différentes façons dont cette artiste sévillane a abordé des thèmes récurrents dans sa peinture, comme la beauté des objets du quotidien ou le paysage du Coto de Doñana. Tout ça alors qu’elle évoluait de l’art figuratif vers l’abstraction.
Isabel Matoses : l’image retrouvée (1969-1985)

Tu peux consulter tous les tarifs sur le site web du musée Lázaro Galdiano.
Pour la première fois depuis près de 40 ans, cette exposition rassemble pratiquement l’intégralité de l’œuvre d’Isabel Matoses, pionnière de la photographie et l’une des figures les plus marquantes de la photographie expérimentale espagnole de la Transition.
À travers plus de 70 images, cette exposition te permet de découvrir l’œuvre innovante de cette photographe, où les frontières entre la photographie, le dessin, la gravure et la peinture s’estompent. Mais ce n’est pas tout : elle a créé une école de photographie, l’atelier-école Alamillo, qui a joué un rôle décisif dans la formation des générations suivantes et dans le renouveau du langage
photographique en Espagne.

Le musée LEGENDS, The Home of Football, accueille jusqu’à fin août l’exposition « Casillas : l’héritage d’une légende ». Le parcours rassemble des maillots, des gants, des chaussures, des ballons et des trophées qui retracent la carrière du gardien, depuis ses débuts au Real Madrid jusqu’à son passage en équipe nationale espagnole. Parmi les pièces exposées , on remarque notamment des échanges avec des figures comme Buffon, Cristiano Ronaldo ou Messi, ainsi qu’un livre où tu peux laisser des souvenirs et des messages personnels.
Valeriano D. Bécquer (1834-1870) : Les tableaux de mœurs

Certains groupes peuvent bénéficier d’un tarif réduit (7,50 €) ou d’une entrée gratuite. Tu peux consulter tous les tarifs sur le site du Prado.
La qualité d’une exposition ne se mesure pas au nombre de pièces ou d’œuvres exposées, et l’exposition « Valeriano D. Bécquer (1834-1870) : Les tableaux de mœurs » en est peut-être l’une des meilleures preuves. Composée de seulement huit tableaux, cette exposition rassemble pour la première fois l’intégralité des huiles que Bécquer a réalisées dans le cadre d’une commande pour l’ancien Musée de la Trinidad.
Considéré comme l’un des meilleurs exemples de la peinture costumbrista du XIXe siècle en Espagne, le musée souligne que « la sincérité et l’objectivité du peintre en font un chapitre fondamental du réalisme pictural dans notre pays ».
Madrid en construction, 1940-1985

Tu imagines à quoi ressemblait Madrid avant d’avoir certains de ses monuments emblématiques, comme le temple de Debod ou les Torres Blancas ? Cette exposition montre justement ce Madrid qui était en train de se créer : des photos de Juan Pando Barrero, Otto Wunderlich ou Martín Santos Yubero qui reflètent la métamorphose de la ville et la façon dont elle était sur le point de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
Capes et épées. La mode à l’époque de Cervantes

Cette exposition te fait découvrir les vêtements du Siècle d’Or, non seulement à travers les tenues des différentes classes sociales de l’époque – de la cour aux classes populaires –, mais elle aborde aussi la question de la mode sous d’autres angles, comme la façon dont les descriptions vestimentaires ont servi à caractériser les personnages de Don Quichotte.
J’ai fait l’EGB. L’expo

Accueille donc cette expo qui respire la nostalgie. Elle se concrétise à travers des objets qui font partie de la mémoire collective et de l’éducation sentimentale de plusieurs générations, comme les cahiers Rubio et d’autres fournitures scolaires, mais aussi à travers des personnages comme Espinete ou le vendeur ou la vendeuse du vidéoclub du quartier. Un parcours d’une heure et demie pour laisser derrière toi, l’espace d’un instant, l’adulte que tu es devenu et te souvenir de l’enfant que tu étais.
Toute ma maison est un autel

L’artiste Gema Polanco s’empare du Musée national des arts décoratifs pour le transformer en un univers de tapisseries géantes, d’amulettes, de drapeaux, de masques et d’objets réinterprétés.
Sa nouvelle exposition, créée pour PHotoESPAÑA 2026, mêle artisanat, culture populaire, mémoire domestique et esprit punk dans un parcours qui t’invite à redécouvrir les objets du quotidien sous un angle presque spirituel. L’une des expos les plus originales de la saison culturelle madrilène.

L’exposition revient sur le rôle qu’a joué la mythologie dans l’art madrilène des années 80, en prenant comme point de départ « Rapelle toi, Bárbara ! », l’intervention avec laquelle Ouka Leele a paralysé la circulation à Cibeles en 1987 pour représenter le mythe d’Hippomène et d’Atalante.
Ainsi, la photographie, la peinture et la culture visuelle contemporaine se croisent dans ses œuvres ainsi que dans celles d’artistes comme El Hortelano, Ceesepe, Carlos Franco ou Sigfrido Martin Begué.
Robert Frank & les Américains

Pour la première fois en Espagne, la collection complète de photographies« Los americanos» de Robert Frank : l’une des œuvres les plus influentes de la photographie du XXe siècle, à travers laquelle l’artiste suisse, grâce à un langage novateur, a remis en question le « rêve américain ». Aujourd’hui, l’intégralité des 83 photos qui composent le livre original de 1958 est exposée à l’Edificio Telefónica, aux côtés d’autres documents inédits sur le processus créatif de l’auteur.
Ewa Juskiewicz

Gratuit pour les moins de 18 ans, les chômeurs inscrits, les personnes en situation de handicap, les familles nombreuses, les enseignants en activité et les titulaires de la carte Jeune et de la carte Jeune européenne.
Des portraits où on ne voit pas le visage de la personne représentée. Les peintures d’Ewa Juskiewicz partent de ce paradoxe : elle reprend le langage et la tradition du portrait européen (surtout féminin) et les réinterprète en dissimulant non seulement l’identité des modèles derrière des compositions à base de tissus, de fleurs ou de fruits, mais aussi en remettant en question les idéaux de beauté féminine qui se sont imposés au fil des siècles.

La Galerie des Collections Royales propose simultanément deux expositions qui explorent à la fois l’extérieur et l’intimité des domaines de la Couronne. La première, « Brambila, peintre des sites royaux », retrace l’aspect des palais et jardins royaux au XIXe siècle à travers l’œuvre du paysagiste Fernando Brambila. Le parcours inclut la série d’huiles sur toile que Ferdinand VII a commandées au peintre italien pour représenter des lieux comme Aranjuez, El Escorial ou l’ancien site royal de La Isabela, aujourd’hui disparu.
Ce mois-ci, l’institution inaugure également « Tejiendo la vida cortesana », une exposition qui met en lumière plus de 200 pièces textiles inédites, aux côtés d’objets insolites, de peintures et de mobilier d’époque, mettant en avant des reliques telles que l’oreiller de la reine Berenguela (antérieur à 1246), un flotteur du XIXe siècle recouvert de coton et une baignoire conçue pour dissimuler sa fonction hygiénique sous l’apparence d’un divan.
Madrid à travers les époques

Deux époques de Madrid dans une même image, où cohabitent un passé en noir et blanc et un présent en couleur. C’est ainsi que Valentín Andrés Pérez Serén (@elpasadodemadrid) a choisi de représenter, à partir de photos où se mêlent deux moments historiques de la ville, ce Madrid entre deux époques: une expo qui sert de dialogue entre la ville d’aujourd’hui et celle de nos parents ou grands-parents, voire celle de notre propre enfance, tout en révélant ses transformations au fil du temps.

Des portraits, des livres et des manuscrits composent cet hommage aux écrivaines du Siècle d’Or, méconnues en dehors du milieu universitaire. Grâce à cette exposition, le public découvre des figures telles qu’Ana Caro Mallén, María de Zayas, Sœur Marcela de San Félix ou Feliciana Enríquez de Guzmán.
L’exposition s’articule autour de trois thèmes : la cour ( axée sur les reines espagnoles qui ont promu la culture, comme Isabelle la Catholique et Marie d’Autriche), la maison (centrée sur des écrivaines issues du peuple comme Ángela Azevedo ou Catalina de Erauso) et le cloître (avec des figures comme sainte Thérèse d’Avila).

Après avoir marqué Barcelone de son empreinte, le musée Banksy ouvre désormais un deuxième site à Madrid. Situé tout près de la station de métro Acacias, ce nouveau musée madrilène accueille une exposition permanente présentant plus de 170 répliques des œuvres les plus emblématiques de Banksy, comme « Banksy’s Rage », « Le lanceur de fleurs » ou « La fille au ballon rouge ». Cet espace rend hommage à l’un des artistes de street art les plus prestigieux au monde.

Plus d’une centaine d’objets issus de la collection du British Museum composent cette exposition qui vise à sortir de l’oubli l’un des « grands rois oubliés de l’histoire », une figure aussi polyvalente que complexe, qui a régné sur le grand empire assyrien entre 669 av. J.-C. et 631 av. J.-C.
Son territoire, qui s’étendait des côtes de la Méditerranée orientale jusqu’aux montagnes de l’Iran occidental, a connu sous son règne une période de splendeur économique, artistique et intellectuelle.

Le jardin du musée Lázaro Galdiano sert de toile de fond et devient un élément vivant de l’exposition « Antón Casamor : lumière et sculpture », une exposition gratuite en plein air où tu pourras admirer 13 sculptures de nus féminins réalisées par l’artiste dans différents matériaux: plâtre patiné, terre cuite, pierre, bronze et marbre.
Avec les changements de végétation ou même de lumière, l’expérience d’observation varie selon le moment de la journée où tu vas visiter cette oasis de verdure d’inspiration française.

10 salles thématiques interactives où tu découvriras un univers de douceurs et de couleurs. C’est le pari de Sweet Space : t’offrir une expérience immersive qui fait appel à tous tes sens, surtout le goût. Tu pourras le tester, par exemple, dans son laboratoire de glaces. Les différents décors du parcours ont été conçus par divers artistes pour créer un univers unique et, surtout, « instagrammable ».

Des machines à rire aux murs où partager avec les autres ce qui te rend heureux. Le Musée du Bonheur (MüF) propose 20 expériences immersives où tu pourras non seulement découvrir, mais aussi expérimenter tout ce qui touche au bonheur à travers ses différentes salles : un espace pour se détendre, un spectacle de magie ou un « câlinomètre ».

Entrée gratuite
Le Thyssen fait partie des musées qui proposent des visites nocturnes gratuites le week-end, plus précisément le samedi, pour découvrir ses expositions temporaires du rez-de-chaussée et du niveau -1 sans rien débourser, de 21 h à 23 h. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Par ailleurs, lorsqu’il n’y a pas d’exposition temporaire au rez-de-chaussée, c’est la Collection Carmen Thyssen qui t’ouvre ses portes.
Le Prado de nuit

Entrée gratuite
L’initiative « Le Prado de nuit » se poursuit en 2026, en t’offrant un accès gratuit aux expositions temporaires du musée en soirée, de 20 h 30 à 23 h 30, le premier samedi de chaque mois. De plus, la visite est agrémentée d’autres activités, comme l’ouverture du Café Prado et de la boutique du musée.

Cette maison-musée ouvre ses portes gratuitement tout l’été, ce qui te permet de profiter sans rien débourser non seulement de la richesse des œuvres qui composent la collection permanente, mais aussi de deux expositions temporaires qui se prolongeront jusqu’en septembre : L’artiste en Italie (jusqu’au 20 septembre) et Endométriose. La douleur passée sous silence (jusqu’au 13 septembre), cette dernière dans le cadre de PhotoEspaña.