L’annulation de la taxe d’enlèvement des ordures de 2025 a laissé une question clé en suspens : qu’en est-il de tous les Madrilènes qui ont payé leur facture sans contester et qui veulent maintenant se prévaloir de la nullité ? La réponse courte, c’est qu’ils ont encore le temps d’agir, mais il faut le faire avec une certaine méthode et une certaine prudence juridique.
La Cour supérieure de justice de Madrid a déclaré nulle la taxe d’enlèvement des ordures de 2025, mais il reste à connaître les détails, c’est-à-dire si la nullité aura des effets généraux pour tous les contribuables ou si elle se limitera aux cas concrets ayant fait l’objet d’un recours, comme ça s’est produit à l’époque avec certains jugements sur la plus-value. En attendant que ça soit clarifié, il faut distinguer deux groupes : ceux qui ont bien fait appel à l’époque et ceux qui ont payé sans rien réclamer.
Pour les premiers, on te conseille d’attendre la publication complète du jugement et qu’il soit définitif (la mairie peut faire appel en cassation) pour voir jusqu’où vont ses effets. Pour les seconds, l’essentiel est d’engager dès maintenant une procédure de nullité pour ne pas être laissés de côté si le tribunal limite la portée de sa décision.
Si tu n’as pas contesté en 2025 : pourquoi tu peux encore agir

La grande question : « Est-ce que je peux faire une réclamation maintenant si j’ai payé en 2025 et que je n’ai rien fait ? ». La position de groupes d’avocats comme Legálitas est claire : oui, mais il faut engager une action en nullité en vertu de l’article 217 de la loi générale fiscale.
L’expérience avec la plus-value municipale a montré que certaines réclamations ont été acceptées précisément parce qu’elles avaient été déposées avant que le critère définitif ne soit fixé quant à la date à partir de laquelle les effets de la nullité s’appliquaient. En d’autres termes : agir maintenant permet de ne pas se fermer de portes si, par la suite, le tribunal décide de limiter les effets uniquement à ceux qui ont réagi à temps.
Étape par étape : comment faire valoir ses droits maintenant pour ceux qui n’ont rien fait
Selon les conseils de Legálitas, les contribuables qui ont payé la taxe de 2025 et ne l’ont pas contestée peuvent suivre cette procédure de base :
- Identifier l’acte contesté
- Retrouve la facture ou le relevé de la taxe d’enlèvement des ordures 2025 que la mairie t’a envoyé.
- Note le numéro de référence, la date de notification/de recouvrement et toute information d’identification figurant sur le document.
- Déposer une demande de nullité de plein droit
- Tu dois t’adresser à l’organisme qui a rendu la décision, c’est-à-dire à la mairie de Madrid elle-même (service des finances ou celui qui figure sur la facture).
- Dans ta demande, tu dois :
- Déposer la réclamation dès que possible
- On te conseille de ne pas attendre la publication intégrale du jugement pour déposer cette demande, justement pour « garder toutes les options ouvertes ».
- La logique est la même que dans certains cas de plus-value : certains contribuables ont vu leurs réclamations acceptées parce qu’ils les avaient déposées avant qu’un critère restrictif ne soit fixé sur les effets de la nullité.
- Conserve ton reçu et attends la suite
- Conserve ton justificatif de dépôt (numéro d’enregistrement, date, copie tamponnée ou reçu électronique).
- À partir de là, il faudra voir :
À quoi peuvent s’attendre ceux qui ont effectivement fait appel à l’époque
Si tu as déjà déposé un recours contre la taxe de 2025 (par exemple, un recours en révision ou une réclamation économique et administrative), le conseil de Legálitas est plus prudent : attends.
Plus précisément, pour voir si le jugement limite ou non les effets de la nullité. En plus de vérifier si la décision a des effets généraux ou seulement pour les requérants, et d’attendre que le jugement soit définitif, sachant que la mairie peut tenter de porter l’affaire devant la Cour suprême par voie de pourvoi en cassation.
Et la taxe d’enlèvement des ordures de 2026, qu’en est-il ?
Si l’arrêté qui a donné naissance à la taxe de 2025 est finalement annulé, la mairie sera obligée d’adopter un nouvel arrêté. Ça veut dire qu’il faudra être très attentif à la façon dont il sera rédigé, aux critères qu’il utilisera et s’il corrige ou non les défauts qui ont fait tomber le précédent.
Si la nouvelle réglementation rencontre à nouveau des problèmes juridiques, le conseil est d’envisager à nouveau de faire appel. Car ce que cette affaire a démontré, c’est que lorsqu’un arrêté est mal conçu dès le départ, la voie judiciaire peut finir par le renverser.